Coordination française du Boycott Universitaire, Culturel et Sportif d’Israël

L’université de Tel Aviv et ses complicités avec le génocide

Retour sur les implications explicites et systématiques de l’université de Tel Aviv dans la militarisation et l’ensemble des crimes israéliens

Depuis les années 1960, le département d’Histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique de l’Université de Tel Aviv héberge discrètement le Centre Moshe Dayan, organisme de recherche du ministère de la Défense.

Et depuis 2018, l’Université de Tel Aviv gère un programme d’incubation de jeunes entreprises, conjointement avec le Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien. Il leur permet de développer et de tester leurs technologies en collaboration avec le Shin Bet, dans les domaines de la cybersécurité, des drones, du renseignement en ligne, etc.

nous avions déjà écrit sur les complicités des universités

En octobre 2023, l’université a lancé un programme permettant à des candidats aux postes d’officiers de combat de passer une licence en sciences humaines avant d’entamer leur formation d’officier. Des étudiantEs-soldatEs en uniforme et arméEs ont donc commencé à fréquenter le campus de l’université et à assister aux cours.

Si des forums des métiers se déroulent fréquemment sur le campus, avec le Shin Bet ou Elbit, entreprise d’armement privée israélienne, pour offrir des débouchés aux étudiantEs, une enquête du média israélien indépendant +972 Magazine révèle l’implication croissante de l’Université de Tel Aviv dans l’appareil sécuritaire et l’industrie de l’armement israéliens (*). Cette implication est en phase avec la fuite en avant militariste de la société israélienne, et plus particulièrement de ses universitaires, comme le souligne un rapport récent de l’organisation israélienne indépendante New Profile. (**).

En mai 2026 l’Université de Tel-Aviv, par l’intermédiaire de son Centre de développement des carrières, avait invité les étudiant.es des sciences humaines et sociales à une rencontre avec des représentants du Mossad, du Shin Bet, du ministère de la Défense et de l’administration pénitentiaire israélienne. Ce type de rencontres n’est pas nouveau, mais elles sont de plus en plus visibles et explicites, celle-ci étant intitulée « Carrières au sein des organisations de sécurité ».

Encore plus ciblée, en juin elle invitait les étudiantEs juifVEs des départements d’Histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique ainsi que d’Études arabes et islamiques à une rencontre professionnelle avec un ancien haut responsable du Shin Bet. Les thèmes abordés devaient être les opérations clandestines et l’importance de la maîtrise de la langue arabe et de la connaissance des sociétés arabes et islamiques dans son métier. La rencontre n’ayant pas eu lieu, faute de candidatEs, elle démontre néanmoins que les études linguistiques et culturelles à l’Université de Tel Aviv visent entre autres à mieux connaître et à nuire aux ennemis désignés de l’Etat !

En juillet, lors de la remise des doctorats, l’Université de Tel Aviv n’a rien trouvé de mieux que d’inviter le général de brigade Danny Gold, directeur de la Direction de la recherche et du développement de la défense au ministère israélien de la Défense, à présenter les systèmes d’armement israéliens accompagnés de vidéos montrant des lanceurs de missiles, des interceptions par les systèmes de défense aérienne ainsi que des frappes israéliennes contre des camions au cœur de Téhéran !

Enfin, à la rentrée prochaine, l’Université de Tel-Aviv accueillera le programme Havatzalot, qui forme des recrues d’élite du corps du renseignement militaire, tout en leur permettant de suivre des études universitaires. « Une coopération totale » comme le dit +972 Magazine.

Sources citées :


En apprendre plus sur le boycott universitaire et les directives anti-normalisation