Coordination française du Boycott Universitaire, Culturel et Sportif d’Israël

Pourquoi les universitaires et les universités doivent rompre avec la complicité coloniale ?

Le boycott universitaire est une contribution avec 3 objectifs : – mettre fin à l’occupation et à la colonisation, – mettre fin à l’apartheid israélien et garantir l’égalité des droits, – permettre le droit au retour des réfugiéEs PalestinienNEs chassées depuis la Nakba en 1948. Comprendre les différentes formes de complicités des universités avec les…

Les complicités de l’Université israélienne avec les crimes israéliens en 4 points

A- La recherche israélienne et l’Université israélienne sont indissociables de l’armée.

  1. Recherche militaire, développement de technologies IA et de surveillance. Voici 3 exemples :
    • La doctrine Dahiya, qui prône un usage de la force disproportionné au cours de représailles contre des zones civiles, a été développée à l’Université de Tel Aviv,
    • L’université d’Haifa accueille trois collèges militaires israéliens et forme les élites de l’armée, et organise des cours dans la base militaire à proximité,
    • Toujours à Haïfa, une autre université, le Technion, a développé la commande à distance du bulldozer blindé Caterpillar D9 utilisé pour démolir les maisons palestiniennes. Dans l’extrait d’une vidéo TikTok du Monde, 20 octobre 2025, on voit des images de Gaza où des centaines de bulldozers blindés Caterpillar D9 sont déployés. Ils sont aussi utilisés en Cisjordanie et dans tous le territoire occupé pour étendre la colonisation israélienne et le nettoyage ethnique du peuple palestinien.
  2. Privilèges accordés à ceux qui ont fait leur service militaire (écartant de fait les PalestinienNEs). L’institut Weizmann a même introduit des avantages pour les étudiantEs soldatEs qui participent au génocide sur Gaza,
  3. Code éthique (sic!) proposé par Naftali Bennett et adopté en 2018 (malgré une certaine polémique) pour étouffer la liberté académique. Il interdit la critique de la politique et de l’histoire coloniale d’Israël ainsi que le relai des campagnes de boycott,
  4. Programmes spécifiques à destination des soldats : L’institut Weizmann, encore lui, propose un programme de maîtrise pour les soldats et a ouvert une académie prémilitaire qui prépare les élèves de terminale à un « service militaire utile ».

B- Plusieurs universités ont été créées avant la Nakba et y ont participé.

C’est le cas de l’Université hébraïque de Jérusalem, de l’institut Technion et de l’institut Weizmann fondés entre 1912 et 1935.

Dans la période qui a précédé la guerre de 1948, ces trois établissements d’enseignement supérieur ont été directement mobilisés au service de la dépossession violente nécessaire à l’expansion territoriale sioniste. La principale milice sioniste, la Haganah, a créé un corps scientifique qui a ouvert des bases sur les trois campus afin de mener des recherches et d’affiner les capacités militaires. Tout au long de la guerre de 1948, les universités ont contribué à soutenir l’expulsion massive des Palestiniens en vue de la création de l’État d’Israël. Les professeurEs et les étudiantEs développent et fabriquent des armes, tandis que leurs campus, leurs équipements et leur expertise sont mis au service des milices sionistes qui chassent les Palestiniens de leurs terres. »
— Maya Wind, Tours d’ivoire et d’acier


Par ailleurs :

  • l’université d’Ariel est implantée dans une colonie illégale en Cisjordanie,
  • une partie du campus de l’université Hébraïque se situe à Jérusalem-Est, tout aussi illégalement.
Carte avec une loupe qui permet de situer l'Université d'Ariel dans une colonie illégale en Palestine occupée

C- La liberté académique déniée aux palestinienNEs

  • Israël a détruit l’intégralité des universités Palestiniennes à Gaza.
  • Israël a aussi assassiné plusieurs centaines de professeurEs, personnels et étudiantEs.
  • L’apartheid dans les universités se manifeste par : l’interdiction de commémorer la Nakba, l’interdiction de brandir le drapeau palestinien et des programmes scolaires imposés qui reprennent le récit colonial dominant.
Des policiers israéliens en civil arrêtent brutalement des étudiants palestiniens
Des policiers israéliens en civil arrêtent des étudiants palestiniens avant un événement organisé lors de la Journée de la Nakba à l’université de Tel-Aviv, le 15 mai 2022. (©Tomer Neuberg/Flash90)
  • Israël contrôle totalement les frontières intérieures et extérieures. De cette façon, l’Etat génocidaire :
    • interdit aux gazaouiEs l’accès aux universités situées en Cisjordanie,
    • réduit drastiquement les possibilités pour les étudiantEs palestinienNEs de se rendre à l’université par l’existence des checkpoints qui rendent leurs déplacements quasi impossibles,
    • retire aux citoyenNEs et résidentEs palestinienNEs en Israël leur droit de résidence s’ils ou elles se rendent en Cisjordanie pour étudier dans des universités palestiniennes,
    • empêche les étudiantEs palestinienEs de faire des séjours à l’étranger, y compris lorsque ces séjours se font dans le cadre même de leur cursus universitaire.
  • L’armée israélienne lance également régulièrement des raids dans les universités Birzeit ou Al-Quds, arrête et assassine étudiantEs et professeurEs.
Deux photos. La première : photos d'étudiants tués et prisonniers devant le bureau du conseil étudiant de l'université de Birzeit. 7 août 2025. (Zach Hussein/Writers Against the War on Gaza). La deuxième : raid de l’armée israélienne à l’université Al-Quds en novembre 2015 (AP)

La liberté d’étudier est bafouée par Israël alors qu’elle est tout à fait banale pour les IsraélienNEs. Les universités israéliennes bénéficient également beaucoup plus que les universités palestiniennes de programmes de collaboration et de financement très généreux de la part d’institutions européennes ou américaines.

D- La fausse image de la démocratie et de l’excellence à travers les échanges universitaires

Contrairement à ce qui peut être dit, et comme les sondages le démontrent, l’écrasante majorité des universitaires israélienNEs (professeurEs et étudiantEs) sont indifférentEs au sort des PalestinienNEs.

Ils et elles profitent de leurs privilèges, sont complices par leur silence, et très largement favorables aux attaques de l’armée israélienne, y compris le génocide en cours.

Université Al Aqsa à Gaza en ruines

S’engager dans le boycott universitaire
L’associer au boycott culturel et sportif