Vous avez besoin de comprendre précisément comment appliquer les critères palestiniens du boycott dans le domaine du cinéma ?
L’association internationale Film Workers for Palestine a rédigé un tel guide en mai 2026, pour refuser la complicité avec les festivals de cinéma israélien, et il a été traduit par nos soins.

IL N’A JAMAIS ÉTÉ AUSSI URGENT D’ISOLER LE RÉGIME ISRAÉLIEN
Plus de 5 500 professionnel·les du cinéma, dont certain·es des acteur·rices, réalisateur·rices et producteur·rices les plus connu·es de l’industrie, se sont engagé·es à ne pas projeter leurs films, à ne pas participer ni collaborer de quelque manière que ce soit avec des institutions cinématographiques israéliennes — y compris des festivals de cinéma — impliquées dans le génocide et l’apartheid contre le peuple palestinien.
Alors qu’Israël poursuit son génocide contre les Palestinien·nes à Gaza, intensifie son projet de nettoyage ethnique contre les Palestinien·nes en Cisjordanie et renforce son agression militaire contre les peuples du Liban et de l’Iran, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à notre complicité dans cette horreur incessante. Refuser de montrer nos films dans des festivals de cinéma israéliens complices du blanchiment de ces crimes est essentiel, et c’est le minimum que nous puissions faire.
Voici notre guide pour vous assurer que vos films ne soient pas projetés dans des festivals de cinéma israéliens complices.
QUELS FESTIVALS ISRAÉLIENS SONT IMPLIQUÉS DANS LE GÉNOCIDE ET L’APARTHEID CONTRE LE PEUPLE PALESTINIEN ?
Bien qu’elles opèrent au sein du système d’apartheid israélien, et en bénéficient donc, la grande majorité des institutions cinématographiques israéliennes, y compris les principaux festivals de cinéma israéliens, n’ont jamais soutenu les droits complets et reconnus internationalement du peuple palestinien, y compris le droit au retour des réfugié·es palestinien·nes.
Cela inclut des festivals tels que le Jerusalem Film Festival, le Haifa International Film Festival, Docaviv et TLVfest, ainsi que d’autres festivals soutenus par le gouvernement israélien organisés en dehors d’Israël, comme le LA Israel Film Festival et le Paris Israeli Film Festival.
La plupart des festivals de cinéma israéliens continuent de collaborer avec le gouvernement israélien, affichant souvent de manière visible sur leurs sites web les logos de ministères spécifiques et de municipalités locales qui jouent un rôle crucial dans les graves violations des droits humains commises par Israël.
Une commission d’enquête de l’ONU ainsi que l’International Association of Genocide Scholars ont conclu qu’Israël commet un génocide contre les Palestinien·nes à Gaza. La Cour internationale de Justice et de grandes organisations de défense des droits humains ont conclu que le régime israélien imposé aux Palestinien·nes constitue un régime d’apartheid et que son occupation est illégale.
Il est courant que des festivals de cinéma israéliens, ainsi que des sociétés de production, des distributeurs et des agents de vente, participent au blanchiment, au déni et à la justification des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par Israël.
Le Jerusalem Film Festival, par exemple, est partenaire de la municipalité de Jérusalem, impliquée dans le nettoyage ethnique des Palestinien·nes de la ville, comme cela a été largement documenté au fil des années par de grandes organisations de défense des droits humains. Des expert·es de l’ONU ont condamné cela comme un possible crime de guerre de transfert forcé.
Le JFF a également organisé des projections au Museum of Tolerance, construit de manière controversée sur un ancien cimetière palestinien autochtone.
Le festival de films documentaires Docaviv est partenaire du ministère de la Culture et des Sports, du ministère des Affaires étrangères et de la municipalité d’apartheid de Tel-Aviv, également profondément complice des politiques de nettoyage ethnique dans la ville. Docaviv est sponsorisé par la société israélienne privée de télévision par satellite Yes, inscrite dans la base de données de l’ONU des entreprises impliquées dans les activités liées aux colonies illégales en Cisjordanie occupée, ce qui constitue un crime de guerre au regard du droit international.
Il existe quelques institutions cinématographiques israéliennes qui ne sont pas complices. Pour adopter les meilleures pratiques, nous encourageons les professionnel·les du cinéma à suivre les directives établies par la société civile palestinienne, ainsi qu’à poser des questions et mener leurs propres recherches sur toute entité avec laquelle ils ou elles envisagent de collaborer.
COMMENT M’ASSURER QUE LES FILMS AUXQUELS J’AI PARTICIPÉ NE SOIENT PAS PROJETÉS DANS DES FESTIVALS DE CINÉMA ISRAÉLIENS COMPLICES ?
Le processus de programmation des films dans les festivals est souvent géré par des tiers, tels que des distributeurs et des agents de vente, et les réalisateur·rices ainsi que les professionnel·les du cinéma ne sont pas toujours informé·es que leur film a été soumis ou invité dans un festival complice avant l’annonce du programme.
Il existe un historique bien documenté de certaines des plus grandes figures du cinéma, de Jane Campion à Michel Gondry, ayant retiré leurs films de festivals israéliens complices après avoir appris qu’ils y avaient été programmés.
Voici quelques moyens de vous assurer que vos films ne soient ni programmés ni projetés dans des festivals israéliens complices :
Pour les professionnel·les du cinéma qui ont un certain contrôle sur la diffusion de films déjà en distribution :
* Demandez à consulter la liste des festivals auxquels le film a été ou sera soumis. Cette liste peut être fournie à tout moment par les agents de vente, les distributeurs ou la société de production chargée de la diffusion du film.
* Si vous voyez figurer un festival de cinéma israélien complice, informez vos partenaires de production ou de distribution que vous refusez d’autoriser la soumission ou la projection du film dans une institution impliquée dans le génocide et l’apartheid.
Pour les professionnel·les du cinéma signant des accords de distribution ou de production, certaines méthodes standards permettant d’intégrer vos préférences dans des contrats juridiques incluent les suivantes :
* Conserver ou réserver les droits pour certains territoires de distribution sur lesquels vous souhaitez prendre des décisions au cas par cas.
* Préciser que vous devez être consulté·e et/ou disposer d’un droit de refus concernant certains types de décisions, par exemple les invitations à des festivals, ainsi que les accords financiers, de production ou de distribution, etc.
* Une clause de confidentialité peut être utile afin de garantir qu’aucun élément de l’accord ne soit partagé au-delà des personnes parties au contrat.
Certain·es de nos membres ont réussi à introduire des clauses spécifiques dans des contrats de distribution identifiant clairement la complicité qu’ils ou elles souhaitent éviter. Voici un exemple de clause élaborée en consultation avec Palestine Legal et Artists for Palestine UK :
« Le film ne sera ni projeté ni diffusé de quelque manière que ce soit dans une institution (y compris des festivals de cinéma, cinémas, diffuseurs et autres) qui est partenaire de, financée/sponsorisée par, ou opérant sous l’égide d’États ou d’entités/agences accusés de génocide devant la Cour internationale de Justice, ou accusés de crimes contre l’humanité, y compris l’apartheid, par des juridictions internationales ou de grandes organisations de défense des droits humains. »

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