Une réécriture quotidienne des réalités Queers par Israël.
Le régime génocidaire et d’apartheid israélien tente par tous les moyens, et dépense sans compter, pour se présenter comme la démocratie la plus cool et la plus inclusive du monde.
Tout est instrumentalisé : sport, cinéma, culture, cela va jusqu’aux identités de genre. Celles-ci aussi sont traitées de façons à faire oublier la réalité de ce qu’est Israël : un régime colonial de peuplement et impérialiste dont la hiérarchisation des vies est à la fois moteur et principe fondateur.
Cette recherche de normalisation met en avant une supposée empathie gay-friendly, dans un ilôt bourgeois à Tel Aviv, comme gage de progressisme alors qu’en Cisjordanie occupée et en Palestine le régime israélien traque les Queers pour faire du chantage à l’orientation sexuelle. Cette pratique des plus homophobes prouve bien le mépris total pour les vies palestiniennes, loin du discours du « refuge pour les communautés LGBTQIA+ du monde entier »
L’Occident fait bloc en faveur le pinkwashing !
Cette exceptionnalisation du régime israélien est défendue par de nombreux États occidentaux pour plusieurs raisons :
- imposer l’idée de la supériorité morale de l’occident : la liberté en général et la libération sexuelle seraient à la fois intrinsèques à leurs régimes et leur apanage exclusif,
- invisibiliser les dominations structurelles et renforcer le racisme en diffusant l’idée que l’homophobie ce sont les autres, en l’occurrence les non blancs. Ce discours raciste a notamment permis à tout un tas de propagandistes de justifier le génocide à Gaza, au nom de la libération des femmes et des personnes queer palestiniennes,
- faire oublier leur fondement suprémaciste et hétéropatriarcal qui tue, discrimine, hiérarchise les vies, notamment Queers, chaque jour,
- se blanchir de tous ses propres crimes en préparant les prochains.
Et ceci passe notamment par la normalisation — comprendre ce qu’est la normalisation
La révolte de Stonewall
Si des homosexuel•les ont adhéré par racisme, intérêt et/ou paresse aux injonctions à cimenter cette fable qui ferait de l’occident une exception contre un Orient fantasmé et tous les peuples non-occidentaux,
Si ces mêmes homosexuel·les se vautrent dans l’homonationalisme et perdent la boussole de la lutte contre les dominations quelles qu’elles soient,
un front Queer du refus s’est levé dans le monde entier.
StoneWall est sorti du reliquaire face au presque 1.000 jours de génocide à Gaza.
Et c’est largement possible de tracer une continuité en s’engageant dans les boycott culturel, sportif et universitaire.
La Palestine sauvera la queerness
Invoquant StoneWall, les Queers se réapproprient leur mémoire et se rappellent aussi que la liberté actuelle, bien qu’encore insuffisante, est le fruit des luttes acharnées précisément contre les manifestations de la culture occidentale.
Celle qui a mis un triangle rose sur les pédés et un triangle noir sur les gouines,
Celle qui a traité et traite les Queers comme des dangers pour l’ordre public, des malades, des perver*s,
Celle coupable de l’hécatombe de la pandémie du VIH/sida,
Celle qui a en ligne de mire à l’heure actuelle les personnes trans et non-binaires.
Cette mémoire de communauté opprimée que les régimes occidentaux ont tout fait pour dépolitiser, cette mémoire, redécouverte par les plus jeunes, est la boussole qui exige de soutenir le peuple Palestinien non pas en dépit du fait d’être Queer, mais parce que Queer.
C’est cette prise de conscience qui a fait croitre un mouvement de refus contre l’instrumentalisation des corps et des droits LGBTQI+ pour :
- justifier des politiques coloniales et impérialistes,
- justifier le génocide et le nettoyage ethnique de la Palestine et la guerre d’agression contre le peuple Libanais,
- normaliser la xénophobie et la chasse aux migrant•es,
- mettre en oeuvre une nécropolitique d’état et la fascisation de la plupart des régimes occidentaux au moyen de l’islamophobie comme carburant et accélérateur.
No Pride in genocide ! No Pride in Apartheid!
Les attaques de plus en plus violentes, sordides et outrancières contre les queers qui soutiennent la lutte de libération du peuple Palestinien ne font que montrer les limites grandissantes du régime israélien et de ses soutiens à faire accepter le blanchiment de ses crimes et la complicité de la majorité des gouvernements occidentaux au nom des LGBTQI+.
L’appel des Queers en Palestine
De plus en plus nombreuses sont les Prides qui répondent à l’appel des Queers en Palestine :
- être solidaires et s’engager activement contre les visées coloniales et impérialistes de leurs gouvernements,
- rejoindre et appliquer les lignes directrices du mouvement BDS,
- crier à l’unisson No Pride in Genocide, No Pride in Apartheid.
Des Prides qui affirment et qui prouvent que la queerness est résistance. La corésistance Queer avec le peuple Palestinien et toustes les opprimé•es s’est fièrement levée.
Continuons partout et sans relâche
jusqu’à la libération pour toustes.
Quelques recommandations
Articles et livre :
- Haneen Maikey, queer Palestinian activist in Jerusalem, et Heike Schotten, queer American academic and activist in Boston : Queers Resisting Zionism: On Authority and Accountability Beyond Homonationalism (2012)
- Haneen Maikey : Why We Should Boycott Gay Pride in Tel Aviv. (2017)
- Adam Haj en tant que Queer Palestinian : I’m a Queer Palestinian. Here’s How I’m Fighting for Liberation (2021)
- alQaws et Queers in Palestine, Reflecting on Queerness in Times of Genocide (2024)
- Jean Stern, Mirage Gay à Tel Aviv aux Éditions Libertalia
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