
L’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur a signé en mai dernier un marché public avec Ex Libris, filiale de Clarivate — société israélienne impliquée dans des crimes contre le droit international reconnus par la Cour internationale de Justice.
Vos bibliothèques universitaires sont concernées. Voici ce que vous devez savoir :
Une informatique documentaire… et surveillante
→ Ex Libris commercialise Alma, le principal Système de Gestion de Bibliothèque (SGB) utilisé par les établissements documentaires universitaires français.
→ Par sa fusion avec Clarivate, Ex Libris est devenue une entreprise d’analyse des données, utilisant les bibliothèques universitaires comme « conduits de données personnelles », en vendant les données de ses utilisateur.ice.s académiques à des tiers.
→ Comptant dans ses rangs d’anciens agents des forces armées israéliennes, il est probable qu’Ex Libris (Clarivate) collabore activement par l’analyse de données personnelles à la surveillance des voix dissidentes sur les campus israéliens.
Le logiciel de l’occupation
→ Ex Libris est une filiale israélienne de Clarivate. Ses logiciels équipent l’Université hébraïque de Jérusalem-Est et l’Université d’Ariel — implantée en colonie de Cisjordanie.
→ Son premier logiciel, Aleph, a servi à cataloguer les livres pillés aux familles palestiniennes pendant la Nakba (1948). Ces ouvrages sont encore cotés « AP » — Abandoned Property.
→ Le siège d’Ex Libris est bâti à l’emplacement du village palestinien d’al-Maliha, dont les habitants ont été expulsés de force en 1948.
Ce que ça implique pour votre fac
→ Via Rapido : échange automatique de ressources avec les bibliothèques des colonies — le système est conçu pour minimiser les contrôles humains.
→ Via Alma : vos catalogues de bibliothèque alimentent une base de donnée mondiale partagée avec ces institutions.
→ Participer au projet Orion, c’est contribuer en pleine conscience à la viabilité économique d’une entreprise structurellement liée à l’occupation.
→ Des alternatives libres existent : KOHA (Aix-Marseille, Lyon 2, Paris 8) et FOLIO. Aucune excuse de nécessité.
Le droit international le dit
La CIJ, avis du 19 juillet 2024, §279 : « Tous les États sont tenus de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par la présence illicite d’Israël dans le Territoire palestinien occupé. »
— Résolution ONU AG ES-10/24, 18 sept. 2024
— Requête Conseil d’État n° 514008, 25 mars 2026
— Convention pour la prévention du génocide (dont la France est signataire)
L’action de NIDAL et de l’AURDIP
Le 15 septembre 2026, l’association NIDAL et l’AURDIP (Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine) ont adressé une lettre d’alerte juridique aux directeurs et directrices de bibliothèques universitaires françaises.
Leur demande : ne pas adhérer à l’offre de service du projet Orion sans analyse juridique préalable, et saisir leurs services juridiques sur la compatibilité de cette adhésion avec le droit international.
Une requête est déjà déposée devant le Conseil d’État (n° 514008) contre plusieurs établissements pour leurs partenariats avec des universités israéliennes.
Mobilisons-nous
📢 Tu es étudiant·e ou universitaire ?
→ Interpelle la direction de ta bibliothèque : prévoit-elle de participer à Orion ?
→ Exige une réponse publique et transparente.
Le silence des établissements, c’est déjà un choix. Les bibliothèques ne sont pas neutres. Nos universités non plus !
Transmets cette alerte à tes associations, ton conseil d’administration, tes collègues.
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