La culture, que l’état génocidaire revendique comme propagande, est le dernier rempart de son impunité et le repère privilégié de la complicité politique française avec les criminels de guerre.
La fête de la musique 2026, une célébration du génocide.
La préfecture de Paris interdit une fête de la musique antiraciste sous prétexte que certaines personnalités présentes comme le Collectif Adama et le rappeur Médine « appelleraient à s’en prendre aux forces de l’ordre », entendre par-là que ces personnalités dénoncent légitimement et combattent activement les crimes racistes commis par la police nationale française.
Cette mesure relève de la censure, elle normalise le fascisme à l’inverse du boycott que nous menons qui a pour enjeu de le combattre dans le milieu culturel. Comme toute censure, cette mesure est un abus politique, aucune des deux personnalités mentionnées n’étant programmée…
Des évènements culturels en faveur d’Israël toujours programmés et d’autres, annulés.
En revanche, lorsque des artistes font l’apologie du génocide du peuple palestinien comme Eyal Golan, et Hanan Ben Ari dont les concerts ont été maintenus au Dôme de Paris alors que ce dernier a été cité par la Cour internationale de Justice pour décrire le climat de génocide revendiqué, les pouvoirs publics français ne font rien. Ou plutôt si: le Préfet ignore les sollicitations des collectifs qui invoquent le droit international comme l’UJFP dont le tribunal administratif a finalement rejeté le référé-liberté.

Ce jeudi 18 juin, la salle Gaveau accueillait, dans le cadre du festival des Cultures juives, 13 musicien.ne.s de l’Orchestre symphonique de Jerusalem avec le soutien de la Ville de Paris et de l’Ambassade d’Israël en France.
Un énième concert de Hasbara qui n’est pas sans rappeler les venues du Jérusalem Quartet, de l’Israel Philharmonic Orchestra et de son chef Lahav Shani (reprogrammé la saison prochaine) en début de saison à la Philharmonie de Paris.
Le schéma est le même : prétendre un apolitisme de la musique/de la culture mais participer à la stratégie de Hasbara en faisant d’Israël le seul porte-parole des identités juives.

Une fête de la musique antiraciste est interdite par la préfecture de police quand le même jour est organisée une fête de la musique israélienne. Ne nous y trompons pas, «israélienne» ne veut pas dire «juive». On célébrera en musique ce 21 juin Place Victor Hugo à Paris l’apartheid, la colonisation, le génocide, la politique d’Israël et non les cultures juives.
Le paysage culturel français et plus particulièrement ici musical, des institutions publiques subventionnées aux salles privées, est le garant d’une complicité politique de la France avec l’état d’Israël.
Alors oui, c’est vrai, le Concerto Empereur de Beethoven interprété par ‘IPO en novembre dernier comme l’œuvre de Piazzolla jouée jeudi 18 juin salle Gaveau, à l’inverse de Hanan Ben Ari, ne font pas l’apologie du génocide.
La Hasbara, active en France.
Et c’est bien là leur intérêt dans la Hasbara : détourner l’attention des crimes qu’lsraël et son armée commettent, appliquer le masque de la démocratie et de la civilité occidentale sur les visages monstrueux des acteurs et actrices du génocide.
L’esthétique de la démocratie, voilà ce dont les programmateurs et les pouvoirs publics comme la Mairie de Paris se réclament lorsqu’ils accueillent sur nos scènes les ambassadeurs culturels de l’état d’lsraël.

C’est ce dont se défendait le directeur de la Philharmonie en instrumentalisant les quelques artistes palestinien.ne.s dans sa programmation: la fameux dialogue démocratique entre oppresseurs et opprimés. Le visage de cette démocratie nous l’avons vu de près le 6 novembre dernier, une jolie coalition forces de l’ordre et services secrets français et israéliens pour sécuriser l’hymne de l’état génocidaire.
C’est également ce dont vont se réclamer la Mairie de Paris, le FID et l’ensemble des salles qui vont programmer tout ce qu’lsraël utilise pour maquiller / effacer le génocide qu’il poursuit à Gaza.
Pour ces programmateurs, le génocide malgré sa reconnaissance par le droit international, n’est pas une réalité, c’est une opinion marketing qui permettra de remplir les salles en cherchant à profiter de la situation.
N’est ce pas là l’intention derrière le concert « Palestine le chant de la Terre » à la Philharmonie la saison prochaine ?
Un clientélisme qui masque mal l’agenda politique de l’institution comme du monde musical et culturel français en général…
La musique est politique
et cette année, la fête de la musique ne fait que l’illustrer.
La France préfère célébrer le racisme plutôt que de le dénoncer. L’interdiction de la fête de la musique antiraciste n’est qu’une suite logique de la minute de silence pour Quentin Deranque à l’Assemblée, de l’impunité de l’assassinat de Nahel Marzouk, d’Adama Traoré et de tant d’autres.
Cette conjoncture d’événements et d’interdictions révèle le continuum raciste entre la politique appliquée sur le territoire français et la collaboration politique et culturelle de notre gouvernement et de nos institutions avec l’état génocidaire.
Le fonctionnement « public/privé » des institutions musicales et plus largement culturelles, à l’image de la politique de la macronie et de ses ramifications du PS au RN, joue le jeu d’un fascisme déguisé en démocratie.
Contre ce systématisme de la complicité culturelle avec la Hasbara, c’est à nous, travailleur.euse.s de la culture, de revendiquer l’usage de notre force de travail contre le fascisme, contre la complicité avec le génocide et pour une justice ici et en Palestine.
Les tentatives restent révélatrices
Update : le concert antiraciste fut maintenu le 21 juin par décision du Tribunal administratif.
Mais les dynamiques restent avérées et aberrantes : la macronie tente de mettre à genoux la culture face au fascisme notamment dans sa complicité avec l’état génocidaire.
Du théâtre des champs Élysées à la salle Gaveau en passant par la Philharmonie de Paris, le dôme de Paris et la fête de la musique sioniste de la place Victor Hugo, le monde musical français poursuit sa petite mélodie du génocide. Derrière la collaboration culturelle, la complicité politique avec l’état génocidaire et le continuum raciste entre la France et la Palestine occupée.
lire sur la normalisation et en quoi le boycott culturel est primordial.
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