
Dans un premier temps, c’est le dessin d’une ville issu de l’album « Rue des quatre-vents » de l’artiste Magali Attiogbé qui avait été retenu. Cette illustration, qui se voulait populaire et inclusive, avait été choisie par l’Eurométropole comme couverture de l’agenda culturel des médiathèques strasbourgeoises pour septembre-octobre 2026, avant de faire face à une censure par la municipalité.
13.000 exemplaires déjà imprimés puis détruits à cause des mots « STOP GENOCIDE ».
Source : sur Rue89Strasbourg et sur leur compte Instagram
Sur l’illustration, entre une affiche de Stand-Up, des devantures d’édifices publics et un drapeau LGBTQIA + à une fenêtre, une référence à l’actualité par un graffiti « Stop génocide » n’a pas plu.
En effet, c’est ce petit tag « Stop génocide » sur un dessin qui a conduit Catherine Trautmann, maire socialiste de Strasbourg et sa majorité à faire détruire les 13.000 brochures déjà imprimées.
Pinkwashing : les queers, d’accord, mais la Palestine non
Ce gaspillage de l’argent public et cette censure s’exercent au nom d’un soit disant “principe de neutralité” « pour éviter qu’un élément de l’œuvre ne soit perçu comme une position politique officielle de la collectivité »
Il est clair que les auteures de l’album « Rue des quatre-vents » se refusent à séparer les luttes des minorités LGBTQIA+ de l’appel à l’arrêt du génocide en Palestine. A l’inverse, Catherine Trautmann et sa majorité se montrent très ouvertEs aux questions queer tout en désignant l’appel à la fin du génocide comme fautif. Cela ne peut que nous rappeler à quel point il faut s’opposer à ce pinkwashing qui tente de vider les luttes LGBTQIA+ de leur sens politique, et qui constitue l’un des piliers de la propagande israélienne telle que décrite par Jean Stern dans son ouvrage, Mirage Gay à Tel-Aviv.
Le slogan « stop génocide » devrait pourtant être consensuel – Le refuser revient à légitimer le fait génocidaire, et la hiérarchisation des vies qui le justifie.
Face à un génocide qualifié de plausible il y a déjà 2 ans par la Cour Internationale de Justice, documenté par les victimes, et célébré par les génocidaire eux-même, la censure sert d’effacement raciste de la Palestine et des PalestinienNEs dans l’actualité et dans l’espace public. Elle sert à nier la responsabilité et les logiques qui permettent, justifient et couvrent le génocide.
Face à la censure française de la Palestine
Comme nous l’avons maintes fois expliqué, la censure vient d’un pouvoir qui interdit de penser, d’exercer son esprit critique. En l’occurence, la censure française est organisée par l’Etat français, l’ensemble de ses couches institutionnelles et ses agentEs.
Si nous appelons au boycott des institutions israéliennes et des institutions complices de la colonisation, de l’apartheid et du génocide, c’est parce que le boycott est un outil de lutte pour les membres de la société civile qui refusent de collaborer, ou même de s’associer à des initiatives qui visent à occulter des crimes.
lire les directives anti-normalisation et en apprendre davantage sur ce qu’est le boycott culturel, le boycott sportif et le boycott universitaire.
Plus que jamais il faut faire pression pour faire respecter la justice, le droit international et les droits imprescriptibles du peuple palestinien.
Ce nouveau cas d’école de censure française aura au moins permis de faire connaître l’album « Rue des quatre-vents : au fil des migrations » illustré par Magali Attiogbé, écrit par Jessie Magana.


